Qu'est-ce qui cause l'urticaire chronique ?


Selon les dernières recherches, l'urticaire chronique spontané serait expliqué par l'un de deux mécanismes autoimmunitaires principaux : le type I et le type IIb. Certains patients souffrent du type I, certains du type IIb et d'autres les deux. Les manifestations des deux types sont similaires, mais la progression de la maladies, les caractéristiques cliniques et la réponse aux différents traitement peuvent varier. Il y a présentement des nouveaux traitements en développement qui ciblent spécifiquement les deux types.


Type I


Le type I, aussi appelé autoallergique, est de loin le plus commun - il représenterait environ 90% des patients. Il est caractérisé par des autoanticorps de type Immunoglobuline E (IgE). Des anticorps contre la thyroïde peroxidase (TPO) sont par exemple communs. Ces anticorps sont aussi impliqués dans la thyroïdite d'Hashimoto, la cause la plus commune d'hypothyroïdie. Ça expliquerait pourquoi il est fréquent d'avoir à la fois une hypothyroïdie et un urticaire chronique.


Les patients avec un type I seraient plus sujets à présenter une autre maladie autoimmune comme par exemple la maladie d'Hashimoto ou la dermatite atopique. Ils ont aussi généralement une très bonne réponse au traitement avec l'omalizumab (Xolair).


Type IIb


Le type IIb est caractérisé par la présence d'autoanticorps de type Immunoglobuline G (IgG) contre un récepteur impliqué dans les réactions allergiques appelé FCER1. Le diagnostic du type IIb se fait par le test du sérum autologue (Autologous Serum Skin Test, ASST). Un patient typique est une femme adulte avec une maladie sévère, une ou plusieurs maladies autoimmunes et un historique familial de maladies autoimmunes. Il est aussi fréquement associé à l'angioedème. Il répond moins bien à l'omalizumab et aux antihistaminiques, mais a une bonne réponse à la cyclosporine. Les patients avec un type IIb sont aussi connus pour faire plus fréquemment des rechutes après une rémission induite par un traitement.


Un peu des deux


Il y a des patients avec un urticaire chronique qui ne correpondent pas complètement à l'un ou l'autre de ces types. La recherche actuelle ne permet pas de savoir quelle proportions des gens avec un urticaire chronique ont une combinaison des deux.


Qu'est-ce que ça veut dire pour le futur ?


Excepté pour l'ASST utilisé dans le diagnostic du type IIb, il n'existe présentement pas de test standardisé pour confirmer le type d'urticaire dont un patient souffre. Ces tests seront importants pour personaliser le type de thérapie qui pourra être offert selon le ou les types d'autoanticorps présents chez le patient et ainsi maximiser les chances de réponse au traitement.


Reference : https://www.jacionline.org/article/S0091-6749(22)00545-0/fulltext

36 vues0 commentaire